Dossier Investissement
Influence des Banques centrales sur les marchés actions
Les marchés d’actions suivent les annonces des taux directeurs
Les marchés d’actions préfèrent les périodes de baisse des taux d’intérêt directeurs, qui sont décidées par les principales banques centrales du monde lorsque l’activité économique tend à se ralentir (ou qu’un tel ralentissement est seulement anticipé) et qu’aucun risque d’inflation ne se profile à l’horizon.
Les investisseurs des marchés d’actions sont ainsi particulièrement attentifs aux rendez-vous périodiques que fixent les banques centrales : toutes les 6 semaines pour la Federal Reserve (Fed) américaine, une fois par mois pour la Banque Centrale Européenne (BCE), et de même pour toutes les grandes banques centrales (Banque du Japon, Banque d’Angleterre, etc.).
Une tendance à la hausse des taux d’intérêt directeurs, décidée en général pour juguler des pressions inflationnistes, n’est pas appréciée par les marchés d’actions : les placements directement corrélés aux taux d’intérêt (obligations privées et d’Etat, mais aussi Sicav ou FCP purement monétaires) deviennent alors rapidement plus rémunérateurs que les placements en actions, cependant que les entreprises cotées voient leur activité directement ralentie par une plus grande difficulté d’accès au crédit : les cours des actions sur les marchés boursiers auront tendance à baisser.
Si les banques centrales laissaient l’inflation s’installer, le mouvement baissier serait accrû sur les marchés boursiers : les taux de long terme augmenteraient encore plus rapidement et les investisseurs se détourneraient encore plus vite des placements boursiers.
Publications des banques centrales suivies par les marchés d’actions
Les grandes banques centrales déterminent leur politique monétaire (la fixation des taux d’intérêt directeur) en fonction des indicateurs économiques qui leur parviennent d’institutions gouvernementales ou privées diverses : Eurostat et les offices de statistiques nationaux pour la BCE et la zone euro, les ministères du commerce et du travail américains pour la Fed, etc.
Mais les banques centrales établissent également elles-mêmes des statistiques destinées à orienter leur diagnostic, des statistiques qui sont suivies par les investisseurs parce qu’elles peuvent contenir des éléments d’information qui diffèrent des éléments apportés par les grands indicateurs gouvernementaux ou officiels.
Pour la Fed par exemple, le « livre beige », qui est publié 2 semaines avant chaque réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) au cours de laquelle le taux directeur est fixé, fournit des indications de conjoncture émanant de chacune des succursales de la Fed (à Chicago, New York, etc.).
Publiées 3 semaines après ces réunions, les « minutes du FOMC » témoignent quant à elles de l’analyse qui est celle du Fed sur la situation économique globale (inflation, analyse par secteurs de l’économie, analyse de l’emploi et des heures travaillées, etc.). Cette analyse justifie et explique le niveau du taux directeur qui a été décidé 3 semaines plus tôt, mais encore oriente à l’avance la prochaine décision de la Fed.
Les investisseurs des marchés financiers (Forex compris) ne peuvent pas faire l’économie de telles informations. De même pour la BCE (ECB en anglais), l’ECB Monthly Bulletin apporte des prévisions économiques globales en matière de production, de consommation et de niveau du PIB, mais aussi des prévisions par secteurs ou encore une analyse de la balance des paiements et du niveau de l’emploi de la zone euro.
Là encore, les informations apportées donneront lieu à des anticipations qui feront bouger aussi bien le Forex que les marchés d’actions.

